Défense : comment la France veut accélérer dans la lutte anti-drones

La Direction générale de l’armement vient de lancer un appel à informations pour étoffer ses capacités de lutte anti-drones. Un domaine qui doit absolument se développer, notamment pour sécuriser les Jeux Olympiques de 2024. Quelques entreprises françaises tentent de se frayer un chemin dans ce domaine en pleine évolution.

Véritable casse-tête, la lutte anti-drones, devenue une priorité gouvernementale en vue de l’organisation des Jeux Olympiques d’été de Paris 2024, progresse. Au début du mois, l’entreprise française CS Group, spécialisée dans la défense, la cybersécurité et les technologies spatiales, a réalisé plusieurs démonstrations à Brétigny (Essonne) devant l’armée de l’air pour convaincre de sa capacité à réunir dans un même système de commandement plusieurs outils anti-drones, tandis que la start-up Cerbair vante les mérites de son nouveau fusil anti-drones Chimera.

Les attaques par drones attribuées à l’Iran contre les raffineries d’Aramco en Arabie saoudite en septembre 2019 ont bouleversé la doctrine militaire : une vingtaine de drones low cost ont alors mis des raffineries essentielles hors d’état de produire pendant six mois. « On peut calculer que le coût de l’attaque n’a guère dépassé le million de dollars », résume le directeur général de CS Group, Eric Blanc-Garin. D’où l’urgence de développer une lutte anti-drones qui ne soit pas aussi onéreuse que les systèmes de défense antiaériens classiques, conçus pour intercepter des missiles extrêmement sophistiqués.

Interconnecter plusieurs capteurs

Dans cette recherche, CS Group a pris un cran d’avance. Il a remporté fin 2017 le marché MILAD (moyens mobiles de lutte anti-drones) auprès de l’Armée française pour déployer son système de lutte Boreades , afin de protéger les bases militaires de l’Hexagone et celles des théâtres d’opérations au Mali.

Fort de ce contrat, l’entreprise investit à fonds sur la lutte anti-drones dans l’espoir d’obtenir la prochaine commande d’Etat en vue des Jeux Olympiques. « L’enjeu est d’être capable dans un centre de commandement d’interconnecter plusieurs capteurs, de nature thermique, optique, radar, pour balayer l’horizon de quelques mètres à des centaines de kilomètres », explique la directrice des opérations du groupe, Mary de Saint Salvy. « Mais l’essentiel est d’obtenir ensuite des signaux clairs, pour bien distinguer les objets volants, grâce à l’intelligence artificielle », ajoute-t-elle. Et de rappeler que les drones vont révolutionner la manière de faire la guerre, notamment avec l’emploi d’essaim d’appareils destinés à brouiller les défenses antiaériennes classiques des Etats.

Appel à informations par la DGA

A Brétigny, CS Group a ainsi combiné plusieurs senseurs, notamment trois radars interconnectés, et fait la preuve de sa capacité à suivre plusieurs drones à différentes distances, afin de réunir et traiter les données dans différents systèmes de commandement et de contrôle (C2). Détecter, trier, identifier et neutraliser, la lutte anti-drones s’avère très complexe.

CS Group espère que le gouvernement lancera un appel d’offres pour un commandement intégré de lutte anti-drones avant la fin de l’année, pour un choix du vainqueur l’an prochain, afin de mettre en oeuvre les systèmes dès la Coupe du monde de rugby en 2023, afin de tester les systèmes avant les JO de 2024.

La Direction générale de l’armement (DGA) a lancé en début de semaine une demande d’informations sur les solutions industrielles dans le domaine de la lutte anti-drones, disponibles aujourd’hui ou à un horizon de 6 mois. La DGA pointe bien la nécessité de lutter contre les « micro et mini drones » en toute situation : protéger des sites, des convois de véhicules, des troupes manoeuvrantes. Il faut aller plus vite, disent les dirigeants de CS Group qui rappellent que « les Etats-Unis ont mis 1,9 milliard de dollars sur la table l’an dernier pour la lutte anti-drones ».

Un nouveau fusil anti-drones

Dans ce domaine, le missilier MBDA mise sur la start-up Cerbair, fondée en 2015 pour la lutte anti-drones à destination du marché civil. Cerbair a levé depuis l’origine 8 millions d’euros et vient de mettre au point un système portable de détection et de brouillage des drones, dénommé « Chimera ». Composé de deux systèmes, un sac à dos emportant les capacités de détection et de caractérisation, et un fusil brouilleur, le Chimera devrait convenir à la police et la gendarmerie en apportant une solution relativement bon marché, simple d’emploi et transportable aux abords de stades ou n’importe où.

« Nous avons créé Cerbair avec l’intuition que les grands groupes de défense se chargeraient des drones militaires mais qu’il y aurait, à côté, un besoin croissant dans la détection et la neutralisation de drones grand public ennemis », explique le fondateur et PDG de la société, Lucas Le Bell. Et de rappeler que l’emploi de drones grand public pour des attaques terroristes s’est banalisé ces dernières années. Lors de la bataille de Mossoul en Irak, on comptait jusqu’à 79 attaques de drones par jour. Spécialiste des techniques de radiofréquence, Cerbair (25 collaborateurs) a déjà collaboré avec le Raid et participé à la sécurisation du G7 de Biarritz. La société espère que son système Chimera sera retenu dans la liste des solutions anti-drones pour les Jeux Olympiques de 2024.

Source : Les Echos 

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