La piste d’un fonds stratégique pour les start-up du renseignement et de la défense

Pour François Mattens, le directeur de l’innovation du Gicat (Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres), « le temps presse pour faire émerger une initiative structurante visant à soutenir les technologies souveraines de la défense ». Il annonce une réflexion du secteur pour la création d’un fonds dédié.

Pourquoi un tel frein au financement des start-up versées dans le militaire ou le renseignement ?

Le blocage se situe à trois niveaux. Les banques d’abord. Dès que l’on touche de près ou de loin à l’univers de la défense, les start-up reçoivent un quasi « no go » au plus haut niveau pour des questions d’image et de compliance. Les crispations autour de la crise au Yémen l’ont bien montré, même si ces start-up ont obtenu des aides financières de l’Etat et que les banques reconnaissent leur caractère stratégique. Les fonds de venture ensuite, capables d’investir quelques millions d’euros… dans la majorité des cas remontés, leur comité d’investissement refuse.

Pour les rares start-up qui atteignent le stade de croissance supérieur, les freins sont encore plus importants. Les fonds veulent au minimum doubler ou tripler leur investissement initial en trois ou cinq ans, ce qui ne correspond pas au rythme de l’industrie de la défense. De surcroît, ils craignent, pour des raisons de souveraineté, d’être bloqués par les pouvoirs publics lors de la revente.

Il existe des fonds dédiés pourtant, comme Definvest ou Ace  ?

En général, ce type d’investisseur intervient avec des contraintes ou sur des segments très spécifiques, comme le cyber. Les start-up françaises ont donc trois options, et c’est ce qui est vraiment préoccupant : soit elles quittent la défense pour le civil, soit elles se font racheter par un fonds étranger ou par un gros acteur digital anglo-saxon type Google ou Facebook. Les armées ne doivent pas se leurrer.

Avez-vous une alternative ?

Il y a une réflexion sur la création d’un fonds d’investissement stratégique dual qui soit capable de réunir quelques centaines de millions d’euros et de lever ces barrières. Dans l’intervalle, il faudrait activer les mécanismes de contrôle renforcés permettant d’accueillir des investisseurs étrangers.

Plusieurs tentatives ont déjà échoué comme le fonds de l’Intelligence Campus ou le dispositif d’In-Q-tel à la française, lancé après la prise de contrôle de Gemplus par l’américain TPG en 2005…

Pour que ces initiatives fonctionnent, il faut des synergies entre l’ensemble des acteurs politiques, institutionnels, industriels et financiers. Bien qu’il y ait une certaine prise de conscience, le temps presse pour faire émerger une initiative structurante afin de soutenir les technologies souveraines pour la défense.

Source : Les Echos

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