Earthcube, la start-up qui aide les militaires à voir clair depuis l’espace

Société française spécialisée dans l’analyse de données géospatiales par intelligence artificielle, Earthcube s’allie à Airbus pour proposer un nouveau service de surveillance des sites stratégiques aux militaires et au renseignement.

Fondée il y a quatre ans, la start-up Earthcube , qui prépare une importante levée de fonds, vient de s’associer avec la branche d’imagerie spatiale d’Airbus pour développer et commercialiser un nouveau service destiné aux armées et aux services d’intelligence.

Earthcube s’est spécialisé dans l’analyse de données géospatiales par l’intelligence artificielle (IA), pour surveiller les sites stratégiques : ports, aéroports et bientôt bases terrestres. La start-up, qui a levé 3 millions d’euros en 2017 et bénéficié du soutien du Groupement des industries françaises de la défense (Gicat), compte 80 employés – dont une soixantaine d’experts en intelligence artificielle.

Faire le tri depuis l’espace

En utilisant le réseau satellitaire d’Airbus , Earthcube se targue de pouvoir détecter et identifier tous les appareils et mouvements dans les aéroports et dans les ports, afin d’aider les analystes images à trier une masse de plus en plus importante de données.

Avec les progrès spectaculaires de l’imagerie spatiale tant en précision qu’en fréquence d’images, les données deviennent surabondantes et menacent de submerger les analystes image. « 95 % de nos investissements sont consacrés aux capteurs et seulement 5 % à l’exploitation des données que nous récoltons via ces capteurs », se plaignait récemment le Général Ferlet, l’homme à la tête de la Direction du renseignement militaire.

Trop d’images

Outre-atlantique, le patron de la National Geointelligence Agency estimait ainsi qu’il aurait besoin de 6 millions d’analystes pour exploiter toutes les données reçues ! Impensable. En France, la Loi de programmation militaire prévoit un investissement de 3,6 milliards d’euros entre 2019 et 2025 dans de nouveaux satellites militaires d’observation, radar et d’écoutes, des appareils dont la durée de vie est estimée à 10 ans. Ce qui revient à dire que l’armée française va dépenser 1 million d’euros par jour pour acquérir des images. Mieux vaudrait savoir les utiliser…

C’est ici qu’Earthcube intervient en proposant d’allier ses algorithmes pour identifier de manière automatique des avions ou des navires postés au milieu du désert ou dans des ports lointains sur les images à haute résolution des différents satellites exploités par Airbus – notamment ses futurs satellites Pléaides Neo, qui offriront une résolution de 30 cm (1 pixel = 30 cm), contre 50 cm pour ses Pléiades actuellement en orbite. Earthcube se targue d’avoir développé des algorithmes capables de détecter, d’identifier et de classer d’ores et déjà une soixantaine de types d’avions différents avec un degré de fiabilité très important.

Conseils des professionnels

La start-up, qui compte déjà parmi ses clients les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Otan et la Commission européenne, a ainsi calculé que dans le port de Sébastopol, qui accueille quotidiennement quelque 500 navires à quai ou à proximité, son service « Defence Site Monitoring » proposé sur la plateforme d’Airbus permettrait de comptabiliser et d’identifier les bateaux en une demi-heure, un travail qui nécessite aujourd’hui une journée entière pour un analyste image. « Encore faut-il savoir ce qu’il faut regarder et nous avons besoin pour cela des conseils des forces », note Arnaud Guérin, président et cofondateur d’Earthcube.

C’est pourquoi Earthcube vient de s’adjoindre les services du général Grégoire de Saint Quentin, lequel vient tout juste de quitter à 59 ans les Armées après quarante ans de carrière – dont le commandement des opérations spéciales et un dernier poste en charge des « Opérations » à l’Etat-Major des Armées. Le Général conseillera l’entreprise sur les enjeux de souveraineté et accompagnera ses dirigeants dans le développement et la sécurisation de leurs actifs.

Tiens, voilà des F16

« Jusqu’à présent, le client choisit ce qu’il veut voir et commande des images. Avec les nouveaux satellites, de plus en plus précis et fréquents, les données satellitaires peuvent être exploitées pour fournir aux clients des alertes et leur dire où ils doivent regarder », explique François Lombard, directeur des activités Intelligence d’Airbus Defence and Space.

Les multiplications des yeux satellitaires permettent de voir ce que certains veulent cacher, comme la présence d’avions de chasse F16 en Azerbaïjan , lesquels ne peuvent provenir que de Turquie. Ce sont des photographies prises le 3 octobre, et fournies par la société Planet Labs, qui montre ces chasseurs sur un tarmac de la base azerbaïdjanaise de Ganja, située à environ 80 km du Haut-Karabakh.

Source : Les Echos

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